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  • : Sur la rive... un blog en marge du cours de philosophie. Prendre le temps d'aborder différemment ce qui est vu en classe.
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Epreuves et exercices

Mercredi 29 novembre 2006 3 29 /11 /2006 18:23
 
Voici les sujets de l’épreuve de philosophie pour les TL de Nouvelle-Calédonie, dont je corrige les copies durant ces trois jours.
 
Sujet 1 :
            Les hommes interviennent-ils toujours dans leur histoire ?
 
Sujet 2 :
            Qu’est-ce qui rend une interprétation meilleure qu’une autre ?
 
Sujet 3 :
            « Nous serions heureux de voir la conduite juste imposée par la contrainte, et l’injustice réprimée, jusque dans leurs plus petits détails, si nous n’étions pas effrayés, et à juste titre, par la pensée de conférer au magistrat un pouvoir aussi illimité sur les individus. Quand nous pensons qu’une personne est tenue, en bonne justice, de faire une chose, nous disons – c’est une façon courante de parler – qu’on devrait la forcer à la faire. Il nous serait agréable de voir l’acte obligatoire imposé par quelqu’un qui en aurait le pouvoir. Si nous voyons qu’une telle contrainte exercée par la loi serait inefficace, nous déplorons cette impossibilité, nous considérons comme un mal l’impunité accordée à l’injustice et nous nous efforçons de réparer ce mal en donnant une forme énergique à notre blâme personnel et au blâme public qui sera infligé au coupable. Ainsi c’est toujours l’idée de contrainte légale qui est à l’origine de la notion de justice, encore qu’elle ait dû subir plusieurs transformations avant que cette notion prenne la forme achevée qu’elle présente dans une société de civilisation avancée. »
John Stuart Mill, L’utilitarisme
 
 
            Cela vous donne ainsi une idée de ce à quoi vous pouvez vous attendre pour juin 2007... D’ailleurs, si vous aviez eu ces sujets, lequel auriez-vous choisi (bien que nous n’ayons pas encore traité les notions y correspondant) ?
 
Par Sébastien Mallet - Publié dans : Epreuves et exercices
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Mardi 27 mars 2007 2 27 /03 /2007 16:52
 
Voici les sujets du concours général de cette année en philosophie.
 
Pour les TL :
            Notre identité dépend-elle du jugement des autres ?
 
Pour les TES & TS :
            La beauté du désordre.
 
 
J’en profite pour indiquer la liste de tous les sujets de philosophie pour le concours général depuis 1992.
 
Série L :
 
- Notre identité dépend-elle du jugement des autres ? (2007)
- La volonté de tout comprendre est-elle rationnelle ? (2006)
- Le bien s’impose-t-il de la même manière que le vrai ? (2005)
- Le droit peut-il faire abstraction de la morale ? (2004)
- De quelle liberté l’art témoigne-t-il ? (2003)
- Quelle peut être la force des idées ? (2002)
- Qu’est-ce qui nous permet de distinguer le réel de ce qui n’est pas lui ? (2001)
- « C’est une sorte de folie d’être sage au milieu des fous » (J.-J. Rousseau, Ecrits sur l’Abbé de Saint-Pierre) (2000)
- Y a-t-il de l’inconnaissable ? (1999)
- Apprend-on à penser ? (1998)
- Le mal a-t-il son origine dans l’homme ? (1997)
- Quelle est la fonction politique de l’utopie ? (1996)
- Peut-on être libre devant la vérité ? (1995)
- La philosophie connaît-elle sa fin ? (1994)
- Un pouvoir sur les hommes suppose-t-il toujours une connaissance de l’homme ? (1993)
- Juger avant de comprendre, est-ce toujours négatif ? (1992)
 
 
Séries ES, S :
 
- La beauté du désordre. (2007)
- La raison face à la déraison. (2006)
- Peut-il y avoir des illusions de la liberté ? (2005)
- L’art peut-il nous apprendre ce qu’est la vérité ? (2004)
- La morale exige-t-elle que le bien coûte plus que le mal ? (2003)
- Qu’est-ce qu’un peuple ? (2002)
- Peut-on aimer la vérité sans la connaître ? (2001)
- Qu’est-ce qu’un maître ? (2000)
- Pourquoi parlons-nous ? (1999)
- La raison peut-elle nous servir de guide ? (1998)
- Serait-il absurde de nier la réalité du temps ? (1997)
- Pourquoi faut-il vouloir la vérité ? (1996)
- Pourquoi vivons-nous le malheur comme une injustice ? (1995)
- Pourquoi la parole nous engage-t-elle ? (1994)
- Penser par soi-même, est-ce s’isoler ? (1993)
- Faut-il être sceptique pour être tolérant ? (1992)
 
Par Sébastien Mallet - Publié dans : Epreuves et exercices
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Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /2007 11:18
 
Maintenant que les corrections sont achevées, et à quelques jours des résultats, voici les sujets de cette session de juin 2007 :
 
TL
 
 
Sujet 1 :
 
Toute prise de conscience est-elle libératrice ?
 
 
Sujet 2 :
 
Les œuvres d’art sont-elles des réalités comme les autres ?
 
 
Sujet 3 :
 
Expliquez le texte suivant :
 
            « En menant une existence relâchée les hommes sont personnellement responsables d’être devenus eux-mêmes relâchés, ou d’être devenus injustes ou intempérants, dans le premier cas par leur mauvaise conduite, dans le second en passant leur vie à boire ou à commettre des excès analogues : en effet, c’est par l’exercice des actions particulières qu’ils acquièrent un caractère du même genre qu’elles. On peut s’en rendre compte en observant ceux qui s’entraînent en vue d’une compétition ou d’une activité quelconque : tout leur temps se passe en exercices. Aussi, se refuser à reconnaître que c’est à l’exercice de telles actions particulières que sont dues les dispositions de notre caractère est-il le fait d’un esprit singulièrement étroit. En outre, il est absurde de supposer que l’homme qui commet des actes d’injustice ou d’intempérance ne veuille pas être injuste ou intempérant ; et si, sans avoir l’ignorance pour excuse, on accomplit des actions qui auront pour conséquence de nous rendre injuste, c’est volontairement qu’on sera injuste. Il ne s’ensuit pas cependant qu’un simple souhait suffira pour cesser d’être injuste et pour être juste, pas plus que ce n’est ainsi que le malade peut recouvrer la santé, quoiqu’il puisse arriver qu’il soit malade volontairement en menant une vie intempérante et en désobéissant à ses médecins : c’est au début qu’il lui était alors possible de ne pas être malade, mais une fois qu’il s’est laissé aller, cela ne lui est plus possible, de même que si vous avez lâché une pierre vous n’êtes plus capable de la rattraper. Pourtant il dépendait de vous de la jeter et de la lancer, car le principe de votre acte était en vous. Ainsi en est-il pour l’homme injuste ou intempérant : au début il leur était possible de ne pas devenir tels, et c’est ce qui fait qu’ils le sont volontairement ; et maintenant qu’ils le sont devenus, il ne leur est plus possible de ne pas l’être. »
Aristote, Éthique à Nicomaque, III, 7 (1114 a 4-22)
 
La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
 
***
TS
 
Sujet 1 :
 
Le désir peut-il se satisfaire de la réalité ?
 
 
Sujet 2 :
 
Que vaut l’opposition du travail manuel et du travail intellectuel ?
 
 
Sujet 3 :
 
Expliquez le texte suivant :
 
            « La validité des règles de justice, telles qu’elles prévalent entre les individus, n’est pas entièrement suspendue entre les sociétés politiques. Tous les princes se targuent de prendre en considération les droits des autres princes, et certains, cela ne fait pas de doute, sans hypocrisie. Des alliances et des traités sont conclus tous les jours entre Etats indépendants, et ils ne seraient qu’autant de parchemin gaspillé, si l’on ne constatait, à l’expérience, qu’ils ont quelque influence et autorité. Mais ici réside la différence entre les royaumes et les individus. La nature humaine ne peut en aucune façon subsister sans l’association des individus, et cette association ne pourrait exister si l’on ne respectait pas les lois d’équité et de justice. Désordre, confusion, la guerre de tous contre tous, sont les nécessaires conséquences d’une telle conduite licencieuse. Mais les nations peuvent subsister sans relations. Elles peuvent même subsister, dans une certaine mesure, dans une guerre générale. L’observance de la justice, bien qu’utile entre elles, n’est pas garantie par une nécessité si forte qu’entre les individus, et l’obligation morale est en proportion de l’utilité. Tous les politiques admettent, ainsi que la plupart des philosophes, que des raisons d’État peuvent, en cas d’urgences particulières, dispenser de suivre les règles de justice, et invalider tout traité ou alliance, si les respecter strictement était considérablement préjudiciable à l’une ou l’autre des parties contractantes. Mais rien de moins que la plus extrême nécessité, reconnaît-on, ne peut justifier que les individus violent une promesse, ou envahissent les propriétés des autres. »
Hume, Enquête sur les principes de la morale, section IV
 
La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
 
***
TES
 
Sujet 1 :
 
Peut-on en finir avec les préjugés ?
 
 
Sujet 2 :
 
Que gagnons-nous à travailler ?
 
 
Sujet 3 :
 
Expliquez le texte suivant :
 
            « Nous n’accusons pas la nature d’immoralité quand elle nous envoie un orage et nous trempe : pourquoi disons-nous donc immoral l’homme qui fait quelque mal ? Parce que nous supposons ici une volonté libre aux décrets arbitraires, là une nécessité. Mais cette distinction est une erreur. En outre, ce n’est même pas en toutes circonstances que nous appelons immorale une action intentionnellement nuisible ; on tue par exemple une mouche délibérément, mais sans le moindre scrupule, pour la pure et simple raison que son bourdonnement nous déplaît, on punit et fait intentionnellement souffrir le criminel afin de se protéger, soi et la société. Dans le premier cas, c’est l’individu qui, pour se conserver ou même pour s’éviter un déplaisir, cause intentionnellement un mal ; dans le second, c’est l’État. Toute morale admet les actes intentionnellement nuisibles en cas de légitime défense, c’est-à-dire quand il s’agit de conservation ! Mais ces deux points de vue suffisent à expliquer toutes les mauvaises actions exercées par des hommes sur les hommes : on veut son plaisir, on veut s’éviter le déplaisir ; en quelque sens que ce soit, il s’agit toujours de sa propre conservation. Socrate et Platon ont raison : quoi que l’homme fasse, il fait toujours le bien, c’est-à-dire ce qui lui semble bon (utile) suivant son degré d’intelligence, son niveau actuel de raison. »
Nietzsche, Humain, trop humain, I, § 102
 
La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
 
***
TTI (séries technologiques)
 
 
Sujet 1 :
 
Les échanges favorisent-ils la paix ?
 
 
Sujet 2 :
 
Les lois sont-elles l’œuvre de la raison ?
 
 
Sujet 3 :
 
            « La science, dans son besoin d’achèvement comme dans son principe, s’oppose absolument à l’opinion. S’il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l’opinion, c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l’opinion ; de sorte que l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple, de la rectifier sur des points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire. L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu’on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. »
Bachelard, La formation de l’esprit scientifique, chap. I, § 1
 
            Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.
 
1. Dégagez la thèse du texte et les étapes de son argumentation.
 
2. Expliquez :
a) « L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances » ;
b) « ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique » ;
c) « Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit ».
 
3. L’opinion fait-elle obstacle à la science ?
 
Par Sébastien Mallet - Publié dans : Epreuves et exercices
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Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /2007 19:10
 
Voici les sujets du baccalauréat en série littéraire, pour la session 2007 de Nouvelle-Calédonie.
 
 
Sujet 1 :
            La recherche scientifique est-elle une recherche de la vérité ?
 
Sujet 2 :
            Sommes-nous prisonniers de notre histoire ?
 
Sujet 3 :
            « Auxiliaire de l’action, elle [la perception] isole, dans l’ensemble de la réalité, ce qui nous intéresse ; elle nous montre moins les choses mêmes que le parti que nous en pouvons tirer. Par avance elle les classe, par avance elle les étiquette ; nous regardons à peine l’objet, il nous suffit de savoir à quelle catégorie il appartient. Mais, de loin en loin, par un accident heureux, des hommes surgissent dont les sens ou la conscience sont moins adhérents à la vie. La nature a oublié d’attacher leur faculté de percevoir à leur faculté d’agir. Quand ils regardent une chose, ils la voient pour elle, et non plus pour eux. Ils ne perçoivent plus simplement en vue d’agir ; ils perçoivent pour percevoir, — pour rien, pour le plaisir. Par un certain côté d’eux-mêmes, soit par leur conscience soit par un de leurs sens, ils naissent détachés ; et, selon que ce détachement est celui de tel ou tel sens, ou de la conscience, ils sont peintres ou sculpteurs, musiciens ou poètes. C’est donc bien une vision plus directe de la réalité que nous trouvons dans les différents arts ; et c’est parce que l’artiste songe moins à utiliser sa perception qu’il perçoit un plus grand nombre de choses. »
Henri Bergson, La pensée et le mouvant

 

(Ceux qui ont eu la curiosité de lire un peu les archives de ce blog auront reconnu ce texte que j’avais mentionné un peu plus longuement ici).

 

 
 
Comme l’an dernier, je vous invite à vous demander quel est le sujet que vous auriez choisi, même si nous n’avons pas encore étudié la totalité des notions correspondantes.
 
Par Sébastien Mallet - Publié dans : Epreuves et exercices
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Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /2008 21:00

 

Plus encore que l’an dernier, ce blog a connu une très longue hibernation (merci à ceux - anciens élèves ou élèves actuels - qui sont passés de temps à autre, et qui ont parfois laissé un message).

 

Vous avez tous composé aujourd’hui, et j’espère que vous l’avez fait avec générosité, au sens cartésien du terme, c'est-à-dire avec la volonté d'agir au mieux de vos capacités.

 

Une remarque particulière pour les TL : les sujets étaient tous ardus, j'en suis bien conscient.
J’ai vu l’inspectrice à la réunion d’entente d’aujourd’hui, et elle nous a dit que les correcteurs de la série Littéraire tiendraient compte de ces difficultés.

 

Pour les TS et les TTI, les sujets étaient d’un niveau normal, et il y avait moyen de faire de belles choses ;-)

 

Bon courage à tous pour la suite de vos épreuves !

 

Par Sébastien Mallet - Publié dans : Epreuves et exercices
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