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  • : Sur la rive... un blog en marge du cours de philosophie. Prendre le temps d'aborder différemment ce qui est vu en classe.
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Lycée Augustin Thierry, à Blois (41)

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Temps

Mercredi 15 novembre 2006
 
[Avant tout pour les TL]
 
En illustration du cours sur le temps mesuré, voici plusieurs liens vers un même un site apportant des indications très utiles sur les différents calendriers :
 
 
On y trouve notamment une page donnant la concordance pour un même jour entre les calendriers grégorien, julien, copte, musulman et israélite :
 
 
Par Sébastien Mallet
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Vendredi 17 novembre 2006
[Pour les TL]

Voici deux extraits sur l’usage par Bergson du cinéma comme modèle conceptuel pour penser la distinction entre temps spatialisé et durée que nous avons étudiée en cours.
 
            « Car c’est là [i.e. la durée] ce que notre représentation habituelle du mouvement et du changement nous empêche de voir. Si le mouvement est une série de positions et le changement une série d’états, le temps est fait de parties distinctes et juxtaposées. Sans doute nous disons encore qu’elles se succèdent, mais cette succession est alors semblable à celle des images d’un film cinématographique : le film pourrait se dérouler dix fois, cent fois, mille fois plus vite sans que rien fût modifié à ce qu’il déroule ; s’il allait infiniment vite, si le déroulement (cette fois hors de l’appareil) devenait instantané, ce seraient encore les mêmes images. La succession ainsi entendue n’ajoute donc rien ; elle en retranche plutôt quelque chose ; elle marque un déficit ; elle traduit une infirmité de notre perception, condamnée à détailler le film image par image au lieu de le saisir globalement. Bref, le temps ainsi envisagé n’est qu’un espace idéal où l’on suppose alignés tous les événements passés, présents et futurs, avec, en outre, un empêchement pour eux de nous apparaître en bloc (...) »
Henri Bergson, La pensée et le mouvant, Introduction, Ière partie
(Paris, P.U.F. Quadrige, 1990, p. 9-10)
 
 
«  (...) Il est vrai que, si nous avions affaire aux photographies toutes seules, nous aurions beau les regarder, nous ne les verrions pas s’animer : avec de l’immobilité, même indéfiniment juxtaposée à elle-même, nous ne ferons jamais du mouvement. Pour que les images s’animent, il faut qu’il y ait du mouvement quelque part. Le mouvement existe bien ici, en effet, il est dans l’appareil. C’est parce que la bande cinématographique se déroule, amenant, tour à tour, les diverses photographies de la scène à se continuer les unes les autres, que chaque acteur de cette scène reconquiert sa mobilité : il enfile toutes ses attitudes successives sur l’invisible mouvement de la bande cinématographique. Le procédé a donc consisté, en somme, à extraire de tous les mouvements propres à toutes les figures un mouvement impersonnel, abstrait et simple, le mouvement en général pour ainsi dire, à le mettre dans l’appareil, et à reconstituer l’individualité de chaque mouvement particulier par la composition de ce mouvement anonyme avec les attitudes personnelles. Tel est l’artifice du cinématographe. Tel est aussi celui de notre connaissance. Au lieu de nous attacher au devenir intérieur des choses, nous nous plaçons en dehors d’elles pour recomposer leur devenir artificiellement. Nous prenons des vues quasi instantanées sur la réalité qui passe, et, comme elles sont caractéristiques de cette réalité, il nous suffit de les enfiler le long d’un devenir abstrait, uniforme, invisible, situé au fond de l’appareil de la connaissance, pour imiter ce qu’il y a de caractéristique dans ce devenir lui-même. Perception, intellection, langage procèdent en général ainsi. Qu’il s’agisse de penser le devenir, ou de l’exprimer, ou même de le percevoir, nous ne faisons guère autre chose qu’actionner une espèce de cinématographe intérieur. On résumerait donc tout ce qui précède en disant que le mécanisme de notre connaissance usuelle est de nature cinématographique. »
Henri Bergson, L’évolution créatrice, chap. IV
(Paris, P.U.F. Quadrige, 2001, p. 305)
 
 
Vous constaterez que Bergson s’intéresse ici avant tout à l’aspect technique du cinéma, tandis que Merleau-Ponty, dans sa conférence sur « Le cinéma et la nouvelle psychologie », privilégie sa dimension artistique.
 
Par Sébastien Mallet
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Mardi 28 novembre 2006
À l’occasion de la thèse épicurienne selon laquelle la philosophie n’est pas réservée à une classe d’âge, nous avons vu comment définir conceptuellement la jeunesse et la vieillesse.
 
La jeunesse se caractérise par son peu d’acquis et ses nombreux possibles, tandis que la vieillesse possède de nombreux acquis et peu de possibles (à l’exception des multiples possibles liés au plaisir de la gratitude).

 
Cette conception de l’existence en termes de possibles se retrouve de façon imagée chez Paul Valéry, dans un dialogue où il fait parler Socrate après sa mort.
 
« [Socrate] Je t’ai dit que je suis né plusieurs, et que je suis mort, un seul. L’enfant qui vient est une foule innombrable, que la vie réduit assez tôt à un seul individu, celui qui se manifeste et qui meurt. Une quantité de Socrates est née avec moi, d’où, peu à peu, se détacha le Socrate qui était dû aux magistrats et à la ciguë.
 
[Phèdre] Et que sont devenus tous les autres ?
 
[Socrate] Idées. Ils sont restés à l’état d’idées. Ils sont venus demander à être, et ils ont été refusés. Je les gardais en moi, en tant que mes doutes et mes contradictions... Parfois, ces germes de personnes sont favorisés par l’occasion, et nous voici très près de changer de nature. Nous nous trouvons des goûts et des dons que nous ne soupçonnions pas d’être en nous : le musicien devient stratège, le pilote se sent médecin ; et celui dont la vertu se mirait et se respectait elle-même, se découvre un Cacus caché, et une âme de voleur.
 
[Phèdre] Il est bien vrai que certains âges de l’homme sont comme des croisements de routes.
 
[Socrate] L’adolescence est singulièrement située au milieu des chemins... »
Paul Valéry, Eupalinos ou l’Architecte
(Gallimard, NRF, « Poésie », 1945, 1999, p. 60-61)
 
 
Durant cette année de Terminale, si déterminante pour la suite de votre existence, rappelez-vous le précepte socratique : « Connais-toi toi-même ». Autrement dit, examinez vos différentes virtualités, et faites le choix de la meilleure voie possible.
 
En tout cas, ne différez pas la décision sous prétexte que vous ne voulez pas rejeter telle ou telle possibilité. La personnalité reste creuse tant qu’elle s’en tient à des virtualités ; elle doit s’incarner dans les décisions. Sartre dirait même qu’elle se définit uniquement par ces décisions.
 
Par Sébastien Mallet
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