Lundi 15 octobre 2007
1
15
/10
/2007
21:43
Le numéro 13 de Philosophie magazine (octobre 2007) consacre son dossier principal à la bombe écologique, c’est-à-dire à la question cruciale du rapport de l’homme à la nature (p. 36-53). Nous reviendrons sur cette réflexion dans le cours sur la technique, et notamment sur cet usage fréquent mais très discutable qui est fait d’une citation de Descartes (p. 38 sq.).
Le cahier central propose des extraits du chap. III de l’Essai sur les données immédiates de la conscience de Bergson (dont une nouvelle édition critique vient de paraître). Les TS3-4 ont déjà eu l’occasion de travailler un texte de cet auteur, et nous ne tarderons pas à en étudier d’autres en cours (voir aussi p. 60-69).
Au fil des pages :
- pourquoi le jazzman est meilleur que l’intellectuel en interview (p. 18-19),
- une brève réflexion sur l’amitié (p. 20-21),
- l’image des porcs-épics pour penser les relations sociales selon Schopenhauer (p. 71).
Elsa le mentionnait déjà en commentaire, le n° 468 du Magazine littéraire (octobre 2007) revient sur plusieurs des grandes querelles entre philosophes.
Vous y apprendrez pas mal de choses, et envisagerez probablement sous un autre angle certains auteurs qui vous semblent encore assez lointains. On s’aperçoit que pour défendre des conceptions abstraites et rationnelles, les grands auteurs n’évitaient pas le registre passionnel (parfois très vif).
Je regrette simplement que la recherche des noms les plus célèbres soit parfois passée avant les polémiques menées par ces auteurs de leur vivant. En effet, si le dialogue philosophique avec un prédécesseur a du sens, les attaques restent par définition unilatérales lorsque ce dernier est mort...
Par exemple, la querelle présentée entre Descartes et Spinoza correspond en fait aux critiques que celui-ci (1632-1677) adresse à celui-là (1596-1650). Or Descartes, de son vivant, a connu de nombreux échanges avec des contradicteurs, qui valaient tout autant la peine d’être mentionnés.
Certaines de ses formules avaient le mérite d’être très claires, comme en témoigne ce jugement sur l’un de ses contradicteurs, dont il parle au Père Mersenne (chargé de recueillir les différentes objections pour les lui transmettre) :
« Je serais bien marri que vous prissiez la peine de m’envoyer ses autres lettres ; car nous avons ici assez de papier pour le dernier usage, et elles ne peuvent servir à autre chose. »
(Descartes, lettre à Mersenne de septembre 1641 ; AT III, 437)
J’espère que vous ne me forcerez pas, en commentaire, à vous expliciter davantage à quoi correspond ce dernier usage, qui réclame du papier... ;-)
Ajout du 26.10.2007 :
Comme le signale Jean-Philippe Qadri en commentaire, la revue Sciences Humaines consacre un hors-série spécial (n° 6, octobre-novembre 2007) à « cinq siècles de pensée française ».
C’est l’occasion d’approfondir la question de cet héritage, qui ne se limite pas à la philosophie.
Il va de soi qu’une telle vue d’ensemble ne pouvait pas être exhaustive, mais que certains auteurs (comme par exemple Malebranche, Condillac, Voltaire, Alain ou encore Levinas) ne soient pas présentés est parfois embarrassant.
Me gêne également la décision de ne parler du « temps des philosophes » que pour les XVI-XVIIIèmes siècles, comme si l’on avait ensuite tourné la page...
Commentaires