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  • : Sur la rive... un blog en marge du cours de philosophie. Prendre le temps d'aborder différemment ce qui est vu en classe.
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Perles

Mardi 3 octobre 2006 2 03 /10 /2006 11:33
 
Les corrections, on le sait, ne représentent pas forcément la partie la plus agréable du métier de professeur.
On a souvent l’impression de relire les mêmes choses, de copie en copie, d’année en année...
 
Mais dans cette tâche laborieuse, apparaissent parfois des moments très distrayants : les perles.
 
Bien sûr, quinze mille perles ne vaudront jamais le plaisir de lire une copie réussie, où l’on sent que l’élève déploie son intelligence et sa pensée personnelle.
Toutefois, lorsque ces bons devoirs se font rares, il faut avouer que les perles constituent une consolation appréciable ;-)
 
Le point délicat est de décider s’il faut les diffuser, et si oui, comment.
 
En effet, savoir que ce que l’on a écrit sincèrement, avec effort, puisse faire l’objet de l’amusement d’autrui peut être décourageant, voire très humiliant.
Et ce serait encore pire si l’intention était de susciter une moquerie malveillante.
 
Or, j’ai remarqué que les élèves qui ont écrit une énormité sur leur copie sont, la plupart du temps, les premiers à en rire, et à la montrer à leurs voisins, lorsque je rends les devoirs.
 
C’est pourquoi je ne me priverai pas du plaisir de vous faire partager le fruit de ma pêche aux perles, tout en les laissant anonymes pour préserver la sensibilité des élèves concernés.
Libre à leur auteur, ensuite, d’en revendiquer la propriété, dans les commentaires...
 
 
Pour commencer, en voici une, déjà ancienne, puisqu’elle date du baccalauréat 2001 :
            « La couche d’ozone s’agrandit de plus en plus et fait fondre les icebergs, ce qui crée beaucoup de morts dans la vie humaine, plus précisément chez les pingouins. »
 
Par Sébastien Mallet - Publié dans : Perles
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Samedi 7 octobre 2006 6 07 /10 /2006 12:00
 
Les trois pages de Philosophie magazine n° 4 sur le mariage homosexuel et l’homoparentalité (p. 14-16) me rappellent au passage cette perle du bac 2002 :
 
« En fait, le problème est de connaître la véritable origine de l’homme, on ne sait pas exactement comment il est arrivé sur Terre ; si c’est d’une façon naturelle type Adam et Yves (...) »
 
Par Sébastien Mallet - Publié dans : Perles
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Mardi 10 octobre 2006 2 10 /10 /2006 18:02
 
Cette fois-ci, la perle est toute fraîche... ;-)
 
« [Malebranche] dit qu’il faut préférer son ami à son chien, mais que fait-on du fait que le chien est le meilleur ami de l’homme ? »
 
Par Sébastien Mallet - Publié dans : Perles
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Mardi 6 février 2007 2 06 /02 /2007 11:03
 
Deux perles, aux origines diverses :
 
« C’est pour cela que la connaissance est le produit de l’imagination, comme pour toutes les expériences de bing bang : on ne peut pas refaire les expériences à taille réelle. »
Et ce n’est d’ailleurs pas plus mal...
 
« La communication est la façon dont les êtres échangent des messages par le biais de la bouche. »
Cela porte un autre nom, je crois...
 
 
Par Sébastien Mallet - Publié dans : Perles
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Dimanche 23 septembre 2007 7 23 /09 /2007 16:00
 
Certaines perles sont amusantes, d’autres suscitent plutôt la consternation...
 
La première date de la session de juin 2007. Un candidat a rempli la case destinée à la nature de l’épreuve en inscrivant : « Bac à l’oréat »...
Vous devinez sans peine à quel commentaire facile il a eu droit dans la marge ;-)
 
La seconde est plus récente, puisqu’elle a été entendue à la session de rattrapage de septembre 2007.
Le candidat ne sachant pas à quel siècle appartenait Rousseau, j’ai voulu le mettre sur la voie en lui demandant quand avait eu lieu le siècle des Lumières, et quel grand événement historique l’avait prolongé en France.
Il m’a été répondu que le siècle des Lumières était le XVIème siècle, et que cela avait provoqué la Première Guerre Mondiale.
On peut parfois rester songeur sur la culture réellement acquise par certains bacheliers...
 
Par Sébastien Mallet - Publié dans : Perles
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Samedi 24 novembre 2007 6 24 /11 /2007 18:47
 
Puisque je suis enfoncé dans le sable des corrections jusqu’aux molaires en ce moment, autant vous faire part de la découverte d’une perle aujourd’hui :
 
« Ionesco, dans son œuvre Ibid dit « prendre conscience de ce qui est atroce et en rire, c’est devenir maître de ce qui est atroce ». »
 
La citation provient en fait de l’ouvrage d’Eugène Ionesco intitulé Notes et contre-notes (1966).
Quant à « Ibid. », c’est l’abréviation de la locution latine ibidem, signifiant « au même endroit », que l’on emploie pour éviter de répéter le titre d’une œuvre lorsqu’on en donne plusieurs citations successives...;-)
 
Cette perle est toutefois assez répandue, comme en témoigne ce billet : « Au fait c’est qui Ibid ? »...
 
J’en profite pour vous rappeler que vos dissertations n’ont absolument pas à être réalisées à partir d’Internet... Vous avez déjà amplement de quoi faire avec le cours et le manuel, pour appuyer votre réflexion personnelle.
D’ailleurs, si les moteurs de recherche sur Internet peuvent être utiles (pour d’autres travaux), encore faut-il savoir s’en servir... Je soupçonne fort l’élève à l’origine de cette perle d’avoir consulté cette page, sans se donner la peine d’aller voir celle-ci ;-)
 
Je reviens à la citation initiale, pour vous restituer le texte d’origine, extrait de Notes et contre-notes. Il a notamment été donné à l’Examen de Maturité (1ère session 2000-2001, seconde journée) de la Communauté française de Belgique (p. 11-12 du document PDF).
C’est un texte intéressant, et il a l’avantage de rejoindre quelques-unes des réflexions menées en cours. Ionesco montre en quel sens l’humour est le lieu d’exercice de la liberté par excellence.
 
            « L’humour, c’est la liberté. Nous avons besoin d’humour, de cocasserie. Au théâtre, et dans la littérature actuelle, l’humour, le cocasse sont bannis par les bien-pensants : nous y rencontrons soit l’esprit boulevardier, mondain, soit la sordide « littérature » de l’engagement. Cette absence d’humour, ce féroce engagement, caractérisent notre manière d’être depuis un certain temps déjà. Hitler n’admettait pas l’humour ; Maurras mettait le « politique » d’abord ; les bourgeois du stalinisme, en Russie ou en Occident, ne comprennent pas et interdisent à l’imagination d’être imaginative, c’est-à-dire d’être libre et révélatrice de vérités dans sa liberté ; le réalisme sévit, un réalisme borné, limité à un plan de la réalité si étroit, si faussé par son fanatisme qu’il n’est que celui de l’irréalité elle-même ; et les sartrismes nous engluent, nous figent, dans les cachots et dans les fers de cet engagement qui devait être liberté. Tous « engagements », d’aujourd’hui ou d’hier, ont mené ou peuvent encore mener tout droit dans les camps de concentration des fanatismes les plus divers et contradictoires, ou à l’instauration, matérielle et intellectuelle, des régimes dont les différences et oppositions apparentes ne font que masquer l’identité profonde, le même esprit « sérieux ».
            L’humour fait prendre conscience avec une lucidité libre de la condition tragique ou dérisoire de l’homme ; il ne peut y avoir de vérité qu’en laissant à l’intelligence la plénitude de sa démarche, cette démarche ne pouvant être menée que par l’artiste qui, sans idées reçues, sans écran idéologique s’interposant entre lui et la réalité, est seul en mesure d’avoir, par cela même, un contact direct, donc authentique, avec cette réalité.
            (...) Unir l’humour au tragique, la vérité profonde au cocasse qui, en tant que principe caricatural, souligne et fait ressortir, en la grossissant, la vérité des choses. Le style irrationnel peut dévoiler, bien mieux que le rationalisme formel ou la dialectique automatique, les contradictions aberrantes, la stupidité, l’absurdité. La fantaisie est révélatrice ; tout ce qui est imaginaire est vrai ; rien n’est vrai s’il n’est imaginaire. Pour ce qui est de l’humour, il n’est pas seulement la seule vision critique valable, il n’est pas seulement l’esprit critique même, mais — contrairement à l’évasion, à la fuite qui résulte de l’esprit de système nous entraînant sous le nom de réalisme dans un rêve, hors de toute réalité — l’humour est l’unique possibilité que nous ayons de nous détacher — mais seulement après l’avoir surmontée, assimilée, connue — de notre condition humaine comico-tragique, du malaise de l’existence. Prendre conscience de ce qui est atroce et en rire, c’est devenir maître de ce qui est atroce. Les tueurs se trouvent chez ceux qui ne savent pas rire, chez les aveugles-nés de l’esprit, chez les enchaînés par vocation pour lesquels la fureur, la tuerie sont les seuls moyens de se décharger. Les tueurs sont ceux qui interdisent l’amitié, l’amour, les nobles sentiments pour ne garder que les mauvais : la haine et la fureur.
            On parle beaucoup en ce moment de « démystification » ; hélas ! les démystificateurs remplacent les tabous par des tabous anti-tabous qui deviennent des tabous bien plus encombrants que les anciens tabous. les démystificateurs ne font donc que nous mystifier et nous enchaîner, et nous fournir un vocabulaire figé, un nouveau langage aveuglant et trompeur.
            Une seule démystification reste vraie : celle qui est produite par l’humour, surtout s’il est noir ; la logique se révèle dans l’illogisme de l’absurde dont on a pris conscience ; le rire est seul à ne respecter aucun tabou, à ne pas permettre l’édification des nouveaux tabous anti-tabous ; le comique est seul en mesure de nous donner la force de supporter la tragédie de l’existence. La nature authentique des choses, la vérité, ne peut nous être révélée que par la fantaisie plus réaliste que tous les réalismes. »
(Ibid. ;-))
 
(Au cas où l’envie vous démangerait de savoir si vous êtes capables d’obtenir votre Examen de Maturité, voici l’intitulé de la « dissertation » : « Résumer (en dix lignes environ) et faire un commentaire critique » ;-). Je serais curieux de lire vos réflexions à ce sujet, il y a de quoi en dire...)
 
 
En définitive, je remercie l’élève en question de m’avoir donné l’occasion d’aller lire ce texte : prendre conscience de cette perle et en rire, c’est donc en devenir le maître ;-)
 
Par Sébastien Mallet - Publié dans : Perles
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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /2007 13:55
 
 (Il y a des copies plus inventives que d’autres, je suis apparemment tombé sur un filon ;-))
 
« Certaines personnes vivent sans se préoccuper de leur conscience réflexive, on pourrait les appeler les « rastas » (...) »
 
Je dois dire que je ne l’attendais pas, celle-ci ! ;-) Il existe probablement déjà une typologie des perles : celle-ci serait à ranger parmi celles qui amusent par leur surprenante cocasserie.
 
Mais, là encore, cela m’a donné l’occasion d’aller me renseigner sur le mouvement rastafari, que j’avoue ne pas bien maîtriser...
Juste un lien wikipédique, pour indiquer que, contrairement à ce que dit la perle, la recherche de l’identité de soi est bien au cœur de ce courant religieux.
Par Sébastien Mallet - Publié dans : Perles
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