La vie est un rêve

Publié le par Sébastien Mallet

 
Dire que la vie est un rêve constitue un argument célèbre pour remettre en doute les idées que les hommes croient être vraies, et dénoncer les vaines apparences auxquelles ils donnent de l’importance.
 
Au XVIIème s., Pedro Calderón de la Barca (1600-1680) est l’auteur d’une pièce de théâtre, intitulée La vie est un songe (La Vida es sueño, 1635).
C’est aussi le titre d’un poème de Jacques Vallée Des Barreaux (1599-1673).
Enfin, nous l’avons vu en cours : Descartes porte cet argument à l’excès pour mettre (provisoirement) en doute l’existence des choses corporelles.
 
Mais cet énoncé peut s’entendre en un sens littéral. En effet, pour Carl Gustav Jung (psychanalyste suisse ; 1875-1961), l’inconscient n’en finit pas de rêver.
Si nous croyons ne pas rêver en permanence, c’est parce que les pensées conscientes à l’état de veille nous occupent trop. Elles parlent fort, et couvrent le murmure du rêve.
 
« Il n’est cependant pas toujours facile de délimiter une série onirique. La série onirique est comparable à une sorte de monologue qui s’accomplirait à l’insu de la conscience. Ce monologue, parfaitement intelligible dans le rêve, sombre dans l’inconscient durant les périodes de veille, mais ne cesse en réalité jamais. Il est vraisemblable que nous rêvons en fait constamment, même en état de veille, mais que la conscience produit un tel vacarme que le rêve ne nous est alors plus perceptible. Si nous parvenions à établir un catalogue complet des processus inconscients, nous pourrions constater que leur ensemble suit une voie bien déterminée. Mais cela représenterait un labeur gigantesque. »
Carl Gustav Jung, Sur l’interprétation des rêves, I
(Paris, Albin Michel, Le Livre de Poche, coll. « Références »,
1998, trad. fr. par A. Tondat, p. 13-14)
 
Nous retrouverons bientôt dans le cours un principe analogue avec les petites perceptions selon Leibniz.
Quant aux Peanuts, c'est une autre histoire...;-)
 
 
Question :
            Chez quel poète grec peut-on lire que « l’homme est le rêve d’une ombre » ?
 

Publié dans Inconscient

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

justine TL 20/10/2006 19:26

alors c"est Nietzsche qui a repris cette citation
"deviens ce que tu es. fais ce que toi seul peut faire."

Sébastien Mallet 21/10/2006 12:09

Gagné, Justine :-) Vous êtes abonnée aux bonnes réponses... ;-)

L’œuvre intitulée Ecce homo a pour sous-titre « Comment on devient ce que l’on est », et Nietzsche développe cette idée dans le § 9 du texte « Pourquoi je suis si avisé », qui y figure (Gallimard, VIII, 271-273).
 
 Voici quelques autres endroits où Nietzsche reprend notamment la citation :- Le gai savoir, aphorisme 335- Ainsi parlait Zarathoustra, IV, « L’offrande de miel »- La volonté de puissance, II, § 339 (Gallimard, Tel, vol. 2, p. 130-131).
 

Julie TL 13/10/2006 20:28

Je crois que c'es Lucrèce qui a repris cette célèbre citation.

Sébastien Mallet 15/10/2006 14:39

Julie, pouvez-vous me dire où vous avez trouvé cette référence chez Lucrèce, car je ne vois pas où cela se situe dans son œuvre ?
En tout cas, ce n’est pas lui qui a repris cette citation en guise de sous-titre.

Félicie en TL 10/10/2006 18:50

on trouve ce vers dans " le sort de l'homme" de Pindare ( 518 avant J.C - 438)

Sébastien Mallet 10/10/2006 21:41

C’est la bonne réponse, Félicie :-)Il s’agit des vers 95-96 de la VIIIème des Pythiques de Pindare.D’ailleurs, tant qu’on y est, Pindare a aussi écrit : « Deviens ce que tu es » (Pythiques, II, v. 72). Quel est le philosophe qui a repris cette célèbre citation pour en faire le sous-titre d’une de ses œuvres ?

Qadri Jean-Philippe 10/10/2006 01:05

...une bien belle histoire ;-)

Sébastien Mallet 10/10/2006 21:31

Je me doutais bien que tu répondrais au clin d'oeil ;-)